Art et culture
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ART & CULTURE
ARCHITECTURE De son histoire mouvementée, le Maroc a conservé plusieurs styles architecturaux bien distincts, qui doivent se comprendre en fonction de leur origine historique et géographique. Alors que les nomades logenttoujours sous des tentes traditionnelles dans le Sud, l’architecture berbère est depuis toujours symbolisée par des constructions de pisé, casbah et ksour. Les Arabes, fondant le Maroc moderne et répandant l’islam, sont également à l’origine d’une architecture particulière que l’on retrouve essentiellement dans les villes. Dans les médinas, les plus belles réalisations sont liées à l’islam, mosquées, minarets et medersas. Enfin, ponctuellement, les Portugais ont laissé des forteresses derrière eux dans les villes côtières, et les Espagnols ont développé un style andalou dans le nord du Maroc. Quand aux sultans, on leur doit souvent palais, portes monumentales et remparts caractéristiques de leurs dynasties. Le Maroc, pays de contrastes climatiques et géographiques, est donc également un formidable creuset architectural, et a eu la chance de voir pendant la colonisation les villes nouvelles se bâtir selon des plans précis à l’extérieur des vieux quartiers, ce qui a permis de conserver ceux-ci.
ARTISANAT Loin d’être une activité marginale, l’artisanat est un secteur d’activité important pour l’économie du pays. La plupart des objets fabriqués - et encore utilisés par les Marocains - le sont grâce à des méthodes traditionnelles. En zone rurale, les artisans, indispensables, fabriquent les objets usuels en terre, en bois ou en métaux, chacun selon sa spécialisation. Dans les villes, l’activité artisanale concerne les deux tiers de la population active, soit 500 000 personnes. Les boutiques modernes fleurissent dans les beaux quartiers urbains, mais c’est dans les souks des médinas qu’il faut aller voir ces artisans artistes au travail. Les corps d’artisans les plus estimés se trouvent au centre de la médina, leurs confrères se regroupant autour d’eux par spécialité. Mettant à mal cet ancestral commerce, textile, chaussures et ustensiles européens arrivent aujourd’hui sur le marché, plus performants, plus pratiques, plus solides et parfois moins chers que les produits locaux. Pour faire face à cette concurrence, le Maroc a créé un label de qualité ; désormais les bons produits sont estampillés. Les artisans se répartissant par spécialité, chaque corporation a son chef, l’amin. Chargé de veiller à la bonne marche des activités, il intervient surtout pour régler les conflits. Nul n’accède rapidement au statut d’artisan patron. Le jeune apprenti franchit peu à peu toutes les étapes nécessaires à la maîtrise de son art - ce qui lui demande des années - et une fois initié, il lui faut l’accord de son patron pour s’installer à son compte. L’islam interdisant la représentation humaine, seuls les motifs abstraits ou végétaux ornent les textiles, les céramiques, etc. Pour décorer leurs pièces, les artisans puisent dans le registre religieux et s’inspirent des motifs tribaux traditionnels, ce qui explique l’abondance de dessins géométriques.
Tapis Toute visite de souk digne de ce nom se termine invariablement par une âpre discussion chez un marchand de tapis, autour d’un thé à la menthe. Si pour le touriste, le tapis n’est qu’un objet décoratif, il a toujours été un objet utilitaire au Maroc, et c’est l’intérêt des touristes pour ce genre d’objet qui a lancé la fabrication professionnelle de tapis, dans le but de vendre. Dans les montagnes, les jeunes femmes tissent encore des tapis pour les apporter en dot lors de leur mariage. Les tapis de Taza, noirs sur fond blanc, ont deux lanières sur le côté, et les femmes les utilisent ainsi comme capes, pour lutter contre la rigueur de l’hiver. La fabrication de tapis est l’activité artisanale qui, avec celle du textile, emploie le personnel le plus nombreux. Les femmes tissent, les hommes vendent. Il est souvent possible de visiter les fabriques, ce qui est fort intéressant. Une belle pièce demande plusieurs mois de travail. La qualité est fonction du nombre de nceuds tissés au mètre carré et de la qualité de la laine utilisée. Les teintures chimiques, pas toujours bonnes, s’imposent désormais de plus en plus souvent. Il est cependant possible de trouver des tapis de laine teints à la main, avec du sulfate de fer, des feuilles d’amandier, de l’urine de vache et bien d’autres teintures naturelles. Les tapis décorés selon la tradition présentent des motifs floraux ou géométriques, les autres sont d’inspiration contemporaine.
Poterie L’origine de la poterie au Maroc semble remonter au IX, siècle, lorsque les Musulmans émigrés d’Andalousie introduisirent cet artisanat à Fès. Sous le mot « céramique », on entend à la fois la poterie, terre cuite de fabrication rurale, et la fàience, ouvrage citadin par excellence. La poterie est en général réalisée par les femmes, pour un usage domestique, alors que les hommes se consacrent à la fàience, dans le but de la commercialiser. Cette dernière se différencie de la poterie par les émaux qui la décorent, et qui se solidifient lors d’une seconde cuisson au four. La visite d’un atelier de poterie est généralement passionnante, et se fera idéalement à Safi ou dans la banlieue de Fès.
Cuir Secteur de l’artisanat très développé, notamment à Fès, qui fournit près de la moitié du cuir du pays, mais aussi à Marrakech ou encore à Tétouan. Les artisans du cuir arrivent en seconde position derrière les tisseuses de tapis et les artisans du textile par leur nombre, et le cuir est la première source artisanale d’exportation au Maroc. Du tannage au produit fini, cette activité concerne trois corps de métier : tanneurs, teinturiers et maroquiniers. Le travail du cuir fait partie de l’histoire du pays, ce dont témoigne le nom de Marrakech, qui trouve son origine dans le mot « maroquin », car la ville rouge est depuis toujours le grand centre du Sud marocain pour le commerce et le traitement de la laine et des peaux. Chaque région possède sa spécialité : les décorations dorées sont surtout de Fès, les broderies en couleurs proviennent de Marrakech. Parmi les articles en cuir fabriqués au Maroc, nombre d’entre eux, comme les portefeuilles ou les ceintures, sont destinés aux touristes. Les articles en cuir les plus authentiques sont sans conteste les babouches, pantoufles utilisées par les hommes et les femmes. En général, celles des hommes sont de couleur unie, et celles des femmes sont brodées.
Métaux Cuivre et bronze sont l’affaire des dinandiers, marteleurs, graveurs et ciseleurs, qui transforment ces métaux en objets usuels ou décoratifs, tels que plateaux, bouilloires, encensoirs, chandeliers, boîtes diverses. Puis marteau, compas ou poinçon en main, les spécialistes du martelage, de la gravure et du ciselage les décorent, chaque objet devenant alors une pièce unique. Certaines pièces de décoration, telles les anses de théières, sont façonnées à partir d’un moule en terre à usage unique.
Le fer, forgé et travaillé, devient chenet, lanterne, étagère... Les chaudronniers transforment le fer et le cuivre en poêles, plateaux ciselés, casseroles... Le souk des forgerons et des chaudronniers de Marrakech est un impressionnant dédale où ceuvrent des Vulcains au visage et aux mains noircis de fumée. Les métaux précieux, comme l’or, l’argent et l’étain, sont obligatoirementfrappés d’un poinçon, mais si ce poinçon identifie la présence d’un métal noble dans l’alliage, il n’en détermine pas la proportion exacte.
Danse La danse, qui est le principal ingrédient de la fête, est souvent considérée comme l’expression d’une prière : c’est ainsi qu’au sein de certaines tribus berbères du haut Atlas, danser est un acte religieux. Pour les Berbères, on l’a dit, danse et chant sont inséparables. D’une manière générale, la danse n’est pas un spectacle mais un rite auquel on participe
Fantasia « La fantasia dure sept minutes, l’amour dure sept secondes et la misère toute la vie », dit un proverbe marrakchi. La fantasia est un spectacle incontournable et typiquement marocain : les cavaliers, vêtus de leurs plus beaux atours, mènent une charge hérôique, montés sur leurs fidèles destriers (eux-mêmes parés de harnais somptueux et de décorations multicolores), accompagnés des youyous des femmes de l’assistance et de l’odeur de poudre (le baroud) que répandent les moukkalas, ces longs fusils incrustés de pierreries... La fantasia, on l’a compris, signifie donc divertissement (en latin, s’il vous plaît).
Musique La musique tient une place fondamentale dans la vie quotidienne marocaine. Elle rythme presque tous les événements, heureux ou malheureux, depuis les temps les plus reculés. Plusieurs styles musicaux coexistent, joués sur un nombree d’instruments relativement limité. Les instruments classiques comportent le rebab, un instrument à cordes frottées, sorte de petit violon primitif dont est issu le rebec de l’Europe médiévale ; le violon, emprunté à l’Occident, mais qui se joue posé sur une cuisse, un peu comme une petite viole de gambe ; le nay, flûte oblique de roseau ; le luth arabe ou ud ; le tambourin et la derbouka, une poterie tendue de peau que l’on tient sous le bras...
Parmi les instruments populaires, citons : le guembri, long luth à deux ou trois cordes au son un peu sourd ; la ghayta, sorte de hautbois dont jouent les charmeurs de serpents sur la place Jamâa El-Fna ; les tebilats, petits tambours jumeaux en terre cuite ou en faïence, recouverts de peau et en vente chez tous les marchands du souk ; la tarifa, petite derbouka étroite, fort à l’honneur le jour de l’Achoura, la fête des enfants ; le bendir, un grand tambourin au cadre de bois tendu de peau de chèvre et qui est l’instrument favori des aouaches berbères... Quant aux musiques elles-mêmes, on peut distinguer quatre genres :
La musique andalouse ,
savante, jouée à l’unisson, et dont les traits mélodiques ne sont pas sans rappeler parfois la musique de la chrétienté médiévale (chants grégoriens). Elle fut introduite au Maroc au Xlle siècle lorsque des musulmans chassés de Grenade vinrent s’installer à Tétouan. Elle est devenue le berceau de la musique andalouse au Maroc. Cette dernière associe des chanteurs et des instrumentistes. L’orchestre est composé d’un rebab, un tar (tambour basque), une derbouka, et un taud, sorte de mandoline à quatre cordes. Les chanteurs interprètent des poèmes en arabe classique ou en andalou. Aujourd’hui, cette musique classique, particulièrement prisée des intellectuels et des gens des lettres, reste très présente dans les sociétés traditionalistes des grandes villes.
La musique populaire ,
beaucoup plus répandue. Elle s’accompagne souvent, en un savant contrepoint rythmique, des battements de mains des chanteurs mais aussi du public auquel s’adressent ces mélodies en arabe. Les airs sont plus légers et les paroles s’inspirent souvent de vieux contes ou de légendes oubliés dits par le hayada, chanteur des fêtes champêtres. Les morceaux, extrêmement longs, se jouent également à l’unisson, la plupart du temps en griha, c’est-à-dire en improvisation. A Marrakech, la musique populaire prend la forme de l’aita, c’est-à-dire l’appel : l’improvisation se fait à partir des cris stridents des chanteuses et au son répétitif des tambourins. Une autre occurrence de la musique populaire est le n’fir, utilisé lors des parades ou des fêtes religieuses. Le n’fir s’apparente à la musique de cortège et à la marche militaire.
La musique berbère
consiste en des chants fortement répétitifs à caractère partiellement improvisé. Elle est indissociable de la danse et est conçue comme un véritable spectacle. Chaque tribu possède ses coutumes et son propre style qui s’expriment principalement lors de ces grandes fêtes collectives que sont l’ahidou et l’ahouache. Les danseurs, s’accompagnant au son du bendir, sont également les chanteurs et les musiciens.
Le raï ,
dernier avatar de la musique populaire, d’origine algérienne, et qui combine des airs arabo-africains à une instrumentation où se mêlent instruments traditionnels et modernes (guitares électriques, synthétiseurs), rencontre un succès grandissant au Maroc. En France, l’un de ses plus célèbres interprètes est le chanteur Khaled, qui était d’ailleurs à Marrakech en 1997, faute de pouvoir retrouver ses racines en Algérie.
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