Volubilis
Sise à 400 m d’altitude sur le plateau du massif du Zerhoun, à 33 km de Meknès, la cité antique de Volubilis présente les ruines romaines les plus étendues et les mieux conservées du Maroc. La meilleure combinaison est de réserver une demi-journée pour visiter Volubilis et, par la même occasion, la ville sainte de Moulay Idriss à 4,5 km de là. Le principal intérêt de la cité réside dans ses nombreuses mosaïques témoignant de son antique prospérité, et laissées sur place.
On peut cependant regretter que les autorités ne débloquent pas des fonds pour empêcher la détérioration inquiétante de ces nobles vestiges du passé. Mais Volubilis vaut surtout par l’impression qu’elle laisse : pouvoir se promener dans un musée en plein air, et contempler des colonnes et des arcades antiques dans une vaste plaine où les cultures s’étalent à perte de vue. Un après-midi champêtre dans un cadre historique !
Histoire Le site de Volubilis aurait d’abord accueilli un village berbère avant de subir l’influence carthaginoise (des écritures puniques ont été retrouvées). On retrouve ensuite sa trace sous le nom de Oualili (dont la signification est « lauriers-roses’) en tant qu’une des capitales du roi maurétanien Juba Il. L’histoire romaine de la ville débute en l’an 40 apr. J.-C., lorsque l’empereur romain Caligula décide d’annexer la Maurétanie. C’est le début de 240 années d’administration romaine, qui marquent l’âge d’or de Volubilis. Rome imposant les types de culture et d’industrie selon les besoins de l’Empire, Volubilis est dédiée au commerce de l’huile, comme en témoignent la cinquantaine d’huileries retrouvées sur le site, ainsi que les oliviers qui poussent toujours sur les pentes du Zerhoun. Les II° et Ille siècles sont ceux d’une grande prospérité, pendant laquelle la ville se pare de ses plus beaux atours, alors que les riches habitants font réaliser les célèbres mosaïques dans leur demeure.
On estime que la ville comptait 20 000 habitants au faîte de sa gloire, ce qui en faisait l’une des plus importantes du Maroc. Les Romains se replièrent vers le nord à la fin du Ille siècle sous la pression des tribus berbères, et la ville entama une lente décadence, occupée au début par des Berbères christianisés. En 789, elle devint musulmane et reprit le nom arabe de Oulili, lorsque Idriss lef fut nommé imam de la cité. Volubilis tomba dans l’oubli, mais continua néanmoins d’être habitée jusqu’au XVllle siècle. L’heure de la destruction sonna lorsque Moulay Ismàil pilla la ville de son marbre pour satisfaire ses ambitions mégalomanes à Meknès ; le tremblement de terre de 1755 paracheva le tout. Les vestiges ont été identifiés par le Français Tissot en 1874, et les premières fouilles ont été lancées en 1889. La plupart des objets trouvés sur place sont exposés au Musée archéologique de Rabat.
Points d’intérêt
HUILERIE On distingue une grande dalle, sur laquelle un cercle est taillé. C’est en fait une rigole pour recueillir les huiles, qui étaient ensuite conduites dans les bassins de décantation situés en contrebas derrière un petit mur.
MAISON D’ORPHEEContinuer après l’huilerie, puis prendre la première à droite. On pénètre dans la maison par deux pans de murs de pierre surmontés d’une dalle pour former une porte, et à gauche de laquelle est gravée l’inscription : maison d’Orphée. L’atrium se trouve sur la droite, et la mosaïque principale présente Orphée charmant les animaux (éléphant, cheval) à l’aide de sa lyre. Cette mosaïque n’est malheureusement pas complète et une partie du cercle a été recouverte de ciment. Sur la gauche en entrant, une belle mosaïque complète représentant neuf dauphins dansant.
THERMES DE GALLIEN Ressortir de la maison et continuer à gauche, puis prendre la première à droite. Sur la gauche, les thermes de Gallien se résument à des pans de mur en ruine, et des morceaux de mosaïque envahis par les herbes.
CAPITOLE Suivre le chemin après les thermes. Des colonnes se dressent, qui ne soutiennent plus rien. Elles ont été reconstituées et les parties manquantes ont été comblées avec des briques. Au pied des marches, un autel.
BASILIQUE On retrouve ce genre de lieu public dans toutes les cités romaines. Il est probable que les différentes administrations de Volubilis, dont la Curie, le conseil municipal, siégeaient ici.
MAISON AU DESULTOR On la trouve sur la gauche en se dirigeant vers l’arc de triomphe. Deux mosaïques : la première présente un acrobate (desultor) à cheval, et la seconde évoque une scène de pêche.
FONTAINE La fontaine publique de la ville aux pierres polies par les eaux se trouve sur le chemin menant à l’arc de triomphe.
ARC DE TRIOMPHE Comme le Capitole, il date du Ille siècle, et fut érigé en l’honneur de Caracalla et de sa mère Julia Damna. La voûte, effondrée, a été restaurée.
MAISON DE L’ÉPHÈBE Traverser l’arc de triomphe puis tourner à droite. Autour d’un large rectangle de pierre subsistent encore deux mosaïques, malheureusement très abîmées. Au fond et mieux conservée, une néréide assise sur un cheval marin et entourée de centaures.
MAISON AUX COLONNES Sur la gauche après avoir repassé l’arc de triomphe. Tire son nom des deux colonnes torsadées à chapiteau corinthien.
MAISON AU CAVALIER Sur la gauche en suivant le Decumanus. Grande mosaïque où Bacchus est parfaitement conservé. En revanche on ne distingue que les jambes de Cupidon, et une seule jambe d’Ariane endormie.
MAISON AUX TRAVAUX D’HERCULE Sur une mosàique, douze médaillons illustrent les travaux d’Hercule.
DIONYSOS ET LES QUATRE SAISONS Une des mosaïques les mieux conservées, toujours sur la gauche en longeant le Decumanus.
MAISON DE VENUS Elle se trouve sur la droite du Decumanus, marquée par l’unique cyprès qui pousse à cet endroit. Parmi les mosàiques, l’enlèvement d’Hylas par les nymphes, puis le bain de Diane. On ne peut pas pénétrer à l’intérieur, car les couloirs sont pavés de mosaïques rappelant les tapis berbères. Le retour s’effectue ensuite en suivant le chemin.
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