Rabat
Rabat (650 000 habitants) est une ville où il fait bon vivre. Deuxième ville du Maroc si l’on tient compte de son agglomération, capitale et centre politique, elle est néanmoins appréciée pour son atmosphère provinciale.
Rabat vous donne un spectacle différent de la ville, une ville qui n’oublie pas, une ville où vous pourrez remonter le temps, une ville impériale enfin, et de nos jours, royale, qui sait pourtant conserver une simplicité très attachante.
Histoire Une importante découverte archéologique révèle que la région a été occupée par l’homme dès la préhistoire (l’homme de Rabat). Dès le Ille siècle avant J.-C., une petite agglomération était implantée sur le territoire de Chellah, à l’embouchure de l’oued Bou Regreg. Escale phénicienne, puis carthaginoise, elle appartient à l’époque romaine, sous le nom de Sala Colonia, à la Maurétanie Tingitane (actuel Maroc). Au Xe siècle, des guerriers musulmans conformistes qui luttent contre des hérétiques construisent un ribat (monastère fortifié). Cette première fortification qui donne son nom à la ville, fut installée sur les hauteurs de la rive sud de l’estuaire, où est aujourd’hui située la kasbah des Oudaias. Au Xlle siècle, le souverain Almohade Abdelmoumen Ben Ali transforma le ribat en une forteresse et établit sur les rives du Bou Regreg un camp de rassemblement des moudjahidin (combattants de la foi). Les rives de l’estuaire devinrent un vaste camp militaire où se préparait la guerre sainte contre les Espagnols. A la fin du Xlle siècle, Ribat AI-Fath (Camp de la foi) devint la capitale du conquérant Almohade Yacoub El-Mansour qui, après sa victoire sur les rois de Castille et du Léon, fit élever plus de 5 km d’enceinte fortifiée. La muraille fut percée de cinq portes, dont deux existent encore de nos jours (porte de la kasbah des Oudàias et Bab Er-Rouah). Parmi les ouvrages attribués à Yacoub El-Mansour, on dénote particulièrement la tour Hassan. En 1912, Rabat est devenue la nouvelle capitale, remplaçant ainsi Fès. Les Français ont pris cette décision au début du protectorat car Rabat était située au bord de la mer et donc plus facile à approvisionner. Intronisé le 3 mars 1961, Hassan II fit édifier un mausolée pour la dépouille de son père, Mohammed V. Rabat est devenue, après la forte croissance du XXe siècle, la capitale culturelle (avec de bonnes universités et le plus beau musée du Maroc) et politique (centre des ambassades et des ministères). Rabat est avant tout la ville ou le roi Hassan Il avait sa résidence, ce qui en fait une ville royale !
Points d’intérêt
Médina L’avenue Hassan Il sépare la ville nouvelle de la médina. On pénètre alors dans un autre monde en passant la porte des remparts. C’est d’abord la rue Souika, qui part sur la droite depuis l’avenue Mohammed V. Très propre, on ne retrouve pas l’ambiance des souks des petites villes de l’intérieur du pays. C’est une artère animée où les marchands vendent pour les autochtones tous les objets nécessaires au quotidien (du seau en plastique au poste de radio) mais aussi pour les touristes, des produits artisanaux du pays (poterie safiote, objet en thuya de Essaouira, tapis de Rabat). Au bout de la rue, on tombe sur la grande mosquée reconstruite à la fin du XIXe siècle. Cet endroit est recouvert d’un toit de roseaux : c’est le souk es-Sebat où sont rassemblés les maroquiniers avec leurs sacs, babouches, ceintures et autres articles de cuir. En tournant au fond à gauche, on arrive à la rue des Consuls. C’est dans cette large artère, où l’on est frappé par la beauté du toit, que les diplomates étrangers résidaient jusqu’en 1912. La rue est en effet recouverte pour une partie d’une somptueuse verrière aux armatures en fer forgé, et pour une autre partie de toits de bambou aux formes étonnements asiatiques. Cette médina superbe diffère des médinas du sud. Les murs sont peints en blanc, les volets de couleur bleu ciel donnent une délicieuse impression méditerranéenne. Elle sort du lot par sa propreté, par sa fraïcheur et par la tranquillité des gens et surtout des enfants, que l’on peut y rencontrer.
Kasbah des Oudaïas Elle porte son nom d’une tribu Oudaïas qui avait été chargée par les sultans alaouites de surveiller la ville. La construction de la forteresse ne débuta cependant qu’au Xlle siècle. La kasbah fut en effet édifiée par les sultans almohades Abd el-Moumen en 1158 et Yacoub el-Mansour ensuite sur l’emplacement de l’ancien Borj Ksar Benitargas, probablement d’origine romaine. Les remparts de cette kasbah, encore une fois gâchés par la déviation de Rabat qui passe juste devant, sont majestueux. Une chicane protège l’entrée, rendant ainsi son accès difficile aux assaillants.
Au passage, ne manquez pas la plus vieille mosquée de Rabat fondée pendant le Xlle siècle et qui, comme vous pouvez le constater, a été rénovée au XVllle siècle. Au bout de la rue, on arrive sur la plate-forme du sémaphore. Celle-ci propose un remarquable point de vue : sur la ville de Salé et son cimetière musulman qui repose entre les murailles et la mer, sur l’oued Bouregreg, sur l’Océan et la plage envahie par les artistes du ballon rond à marée basse. La vue est superbe.
JARDIN DES OUDAÏAS Un petit coin de paradis, il est vrai fortifié, où l’on découvrira, par exemple, le célèbre papyrus, mais surtout une flore riche irriguée par une noria et une fontaine sacrée (évidemment !).
A côté de ce jardin est installé LE MUSÉE ETHNOGRAPHIQUE DES OUDAÏAS OU MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS. Ouvert de 9h à 12h et de 15h à 17h, 18h en été. Situé dans un ancien palais construit au XVlle siècle à l’époque de Moulay Ismaïl, par la suite utilisé comme medersa, ce musée regroupe les produits de l’artisanat du pays. Vous verrez ainsi des tapis de toutes les régions, de la poterie et de la céramique, mais surtout une belle collection d’instruments de musique.
MELLAH, l’ancien quartier juif est sur la gauche, c’est un quartier très authentique où l’agitation change avec l’autre partie de la médina.
PALAIS ROYAL La visite manque d’intérêt puisqu’elle se limite à un coup d’oeil discret à distance respectable de l’imposante porte interdisant la demeure du roi.
CHELLAH. Ouvert tous les jours de 8h à 18h30. Le site de Sala (Chellah) représente les vestiges de la première occupation humaine de Rabat. L’intérêt de cet endroit était alors la proximité de l’oued et de la source de Chellah. Sala vient de l’ancien nom de l’oued Bouregreg qui se prénommait Salat. L’origine du Chellah vient peut-être d’une escale maritime des Phéniciens entre Lixius et Mogador. A l’époque Mauritanienne, Sala semble être une véritable cité. Des fouilles ont dégagé des temples. La ville avait acquis son autonomie et émettait sa monnaie. A l’époque romaine, Sala fut réaménagée et de nombreux bâtiments publics furent construits (notamment des thermes et un forum). La ville est entourée d’une muraille datant de 144 après J.-C. Au Ve siècle, la ville fut, semble-t-il, évacuée. En 1284, le sultan Abou Yacoub Youssef choisit le site de Chellah pour construire un ensemble funéraire composé d’une mosquée et de mausolées. Chellah prit à nouveau de l’importance quand le sultan Abou Hassan construisit une muraille percée de trois portes dont la porte monumentale de l’entrée, splendide, qui présente des créneaux. Le mausolée Abou Hassan au sein de la nécropole royale est remarquable. Enfin Abou Inan choisit Fès comme lieu de sépulture ; il condamna le site de Chellah. Seul le culte des eaux et des saints est resté au Chellah. A l’intérieur des remparts, les ruines sont dispersées dans une jungle fleurie. C’est le paradis des cigognes en hiver et autres oiseaux, à quelques centaines de mètres de la capitale du Maroc. Une fois la porte passée, descendre jusqu’à la nécropole où l’on peut admirer un bassin, autrefois fontaine pour les ablutions, où quelques neufs jetés attirent les anguilles, maîtres des lieux. Sur la gauche, se trouvent de nombreuses ruines qui révèlent de véritables bijoux que l’on découvre en se baladant : le funéraire d’Abou Hassan, le minaret, et les ruines de Sala. A consommer sans modération. Ne pas hésiter d’y passer tout un après-midi. En continuant le contournement de Rabat en direction de l’oued, on arrive au coeur historique de la ville et du Maroc tout entier en découvrant les ruines de la mosquée Hassan, la tour Hassan mais surtout le mausolée de Mohammed V, lieu de pèlerinage et de recueillement de nombreux Marocains. La place de la mosquée Hassan regroupe des colonnes de tailles variables, qui ont supporté en des temps mémorables le toit d’une mosquée colossale. La tour Hassan est imposante et impressionnante. Au départ il était prévu de l’élever à plus de 60 m de hauteur, mais elle ne mesure finalement que 44 m. Elle est belle par sa position dominatrice, affrontant les vents marins qui ont laissé sur la face exposée une couche iodée grise. En face, le mausolée de Mohammed V reste un lieu de culte, abritant la tombe de celui qui fit gagner au Maroc son indépendance, le sultan Mohammed V. Les architectes ont voulu y rassembler ce qu’il y avait de plus beau dans l’architecture marocaine : du marbre, des zelliges, du cèdre. L’endroit est lourd d’émotion. On y perçoit tout le respect que les Marocains portent à ce grand homme.
MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE. 23, rue AI-Brihi. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 12h et de 14h à 17h. Ce musée est sans aucun doute le plus beau et le plus riche du Maroc. On y trouve le résultat de nombreuses fouilles effectuées dans les nombreux sites marocains. On verra par exemple le fameux chien de Volubilis. Ces bronzes romains valent en effet à eux seuls la visite du musée, qui reste par ailleurs une étape incontournable de la découverte du Maroc. Tout ce qui est le plus authentique, le plus beau (historiquement parlant), le plus unique, a été rassemblé ici.
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