Modes de vie
Modes de vie au Maroc
La vie familiale observable dans les villages les plus reculés est très différente de celle des couches plus instruites ou aisées du pays. Des siècles semblent séparer ces deux mondes cependant, quel que soit le milieu, l’importance de la cellule fmiliale est encore considérable au Maroc. Malgré une mortalité infantile importante et la mise en place d’un programme de contrôle des naissances, les familles marocaines comptent souvent dix à douze enfants. Le salaire d’un ouvrier agricole ou travaillant dans le secteur industriel est de 1 500 DH par mois (ce qui correspond au Smic marocain). Les familles les plus aisées emploient du personnel souvent sous-payé et certaines bonnes à tout faire gagnent 400 DH par mois, voire moins. La vie est donc dure pour les travailleurs, une partie de la population vit d’ailleurs en dessous du seuil de pauvreté. La moins chère des voitures coûte 65 000 DH, et en posséder témoigne d’une certaine aisance financière. Globalement, la polygamie est de plus en plus rare, les femmes s’émancipant peu à peu. L’individualisme gagne du terrain : dans les campagnes, il semblerait que la cellule familiale tende à devenir plus importante que la tribu. Le poids des traditions s’avère souvent difficile à vivre dans les villages, c’est pourquoi de nombreux Marocains sont attirés par la ville où les individus, moins dépendants d’un système autoritaire, peuvent agir plus librement. Mais les villes sont surpeuplées, d’autant plus qu’une partie de la population défavorisée vient aussi y chercher du travail. La création de nouvelles agglomérations ne suffit pas à compenser cet afflux, ce qui entraîne l’apparition de nombreux bidonvilles. De plus, la crise du logement force les familles à s’entasser dans de minuscules appartements d’une ou deux pièces.
Représentation berbère
La majorité des Marocains, qu’ils soient musulmans ou juifs, ruraux ou citadins, est originairement de langue et de culture berbère. Les populations berbères, autrefois nomades sont concentrées désormais dans les montagnes et les oasis. Ils présentent, selon les régions, des caractères physiques très divers, cette ethnie étant très hétérogène. Ses véritables points d’ancrage sont sa langue et sa culture, même si, là aussi, on distingue des variantes selon les régions. 40 % des Marocains parlent le berbère et les Berbères eux-mêmes sont systématiquement bilingues, voire trilingues.
Le Maroc est donc emprunt d’une forte diversité culturelle et linguistique. La culture berbère se veut raffinée et non violente. Les associations et mouvements berbères se nourrissent de la marginalité dans laquelle leur culture est maintenue.
Les Berbères sont réputés calmes, travailleurs, cultivés et solidaires. Les Berbères restent à ce jour les maîtres incontestés du commerce de détail.
Santé
Le Maroc ayant sérieusement pris en main le problème de santé publique, les résultats sont notables. Malheureusement, les nombreux programmes entrepris auprès de la population (comme celui du contrôle des naissances) ne sont pas encore suivis des résultats escomptés.
Tenue vestimentaireDans le Maroc contemporain, la différence est vraiment flagrante entre les tenues vestimentaires des jeunes émancipés des grandes villes, dont l’habillement est comparable à celui des jeunes occidentaux, et les costumes traditionnels arborés par les habitants des campagnes.
Condition féminine
Les premiers mouvements féministes maghrébins datent des années 1980. Bien que les Marocaines soient moins revendicatrices que les Algériennes et les Tunisiennes, les mentalités changent peu à peu. La crise économique n’est pas étrangère à cette évolution. Les femmes sont tenues de travailler pour ne pas être à la charge de leurs proches. La plupart d’entre elles sont d’ailleurs chefs de famille. Les lycées accueillent autant de jeunes filles que de garçons. A l’université, les femmes représentent un tiers de l’ensemble des étudiants. Mais accès à la culture et au travail ne sont que les premières étapes, essentielles, d’un changement de la condition féminine, mais ne sont pas encore synonymes d’égalité. Les femmes sont lésées par les lois du Coran, qui stipulent (entre autres gracieusetés) que leur héritage ne représentera que la moitié de celui de leurs frères, leur mari devant les prendre matériellement en charge. Les chefs religieux de l’islam ne sont pas prêts à s’élever contre les textes sacrés, qui deviennent un obstacle considérable à l’évolution des mentalités lorsque la Religion est une religion d’Etat, comme c’est le cas ici.
Bien que certaines constatations soient encourageantes - les partis politiques marocains comptent de 5 % à 10 % de femmes (un chiffre record pour le Maghreb) - les femmes qui se sont réellement émancipées font encore figure d’exception. Ces battantes, instruites et intelligentes, qui luttent en permanence pour un avenir meilleur, sont peu suivies par leurs consaeurs et restent isolées.
Mariage
Avant de donner lieu à des grandes réjouissances familiales et à des fêtes parfois somptueuses, le mariage est un acte qui obéit à certaines règles précises. Il existe au Maroc un âge légal, avant lequel tout mariage est (théoriquement) interdit : 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons. Les mariages consanguins ont été interdits par le droit marocain, et la polyandrie,
esttotalement illégale. En revanche, la polygamie est une pratique courante, que le droit limite cependant à quatre épouses. La réalité, dans certaines provinces, dépasse parfois largement la norme ! Avant d’être une cérémonie religieuse, un mariage est un contrat civil : chaque union est ainsi consignée dans les registres administratifs de la préfecture d’où dépendent les deux époux, facilitant de ce fait les procédures de divorce.
Dernier point, sachez que les musulmanes ne peuvent épouser un non-musulman. Une seule solution : se convertir à l’islam !
Aujourd’hui encore, de nombreux mariages marrakchis sont contractés par intérêt plus que sous le coup d’une ardente passion amoureuse. Il fut un temps où les mères choisissaient les futures épouses pour leurs fils.
Cette pratique, encore courante dans les milieux très pratiquants, est tombée ailleurs en désuétude. Tout comme d’ailleurs la cérémonie traditionnelle marrakchie du mariage, devenue très coûteuse. Autrefois, la mariée, parée de ses plus belles tuniques, était habillée et maquillée par une flopée de servantes professionnelles, puis confinée cinq jours durant dans une maison où elle recevait les riches présents de ses amis et de sa famille.
Le jour du mariage, on la présentait au domicile du marié, qui, souvent, découvrait alors le visage et le corps de sa promise pour la première fois. Après le festin, la mariée était préparée par ses servantes, puis accompagnée jusqu’à la chambre nuptiale où la rejoignait alors son époux.
DivorceContrairement à la France, il existe trois sortes de divorce au Maroc. La répudiation est une sorte de divorce unilatéral qui peut-être décidé par le mari n’importe quand.
C’est une sorte de préavis de trois mois, pendant lesquels la femme est autorisée à rester au domicile conjugal, et où le mari continue de pourvoir à ses besoins. Passé ce délai, le mari peut revenir sur sa décision, auquel cas les époux se réconcilient, ou bien la femme doit quitter la maison.
La séparation
Le divorce judiciaire est le moyen dont dispose la femme pour demander le divorce. Mais elle doit, pour cela, justifier d’une faute de son époux, sévices corporels, manque d’entretien ou absences répétées. Le divorce n’est alors prononcé que si toute réconciliation est impossible. Le divorce par compensation est le plus proche du divorce occidental : il permet à la femme de demander la répudiation par son mari, si elle n’a pas les moyens de demander un divorce judiciaire. Mais, dans ce cas, elle devra verser à son mari une compensation financière pour l’épouse qu’il perd alors qu’il n’a pas fauté, et ce dernier a toujours la possibilité de refuser.
ScolarisationL’Etat y investit 27 % de son budget annuel. L’école publique est apparue en 1920. En 1963, l’enseignement était déclaré obligatoire pour tous les enfants de 7 à 13 ans. Trois ans plus tard, le ministre de l’Education réformait trop brusquement le système qui fonctionnait depuis l’indépendance, d’où de nombreux problèmes et un ralentissement de la scolarisation. Aujourd’hui, le gouvernement attache une grande importance à l’instruction de sa jeunesse, mais les efforts ne sont pas encore suffisants. 78 des hommes et 95 % des femmes vivant en milieu rural sont analphabètes contre 64 % en moyenne dans les villes.
Saluons l’oeuvre de Madame Amina Cherkaoui Maatouk, qui à Marrakech, participe activement à la scolarisation des jeunes filles des campagnes, dont la scolarité a été trop souvent meprise. SM Mohammed VI a offert un autocar de 60 places permettant à l’association d’effectuer le ramassage scolaire chaque jour. Broderies, cuisine moderne, lettre, calcule, français, toute la base essentielle est enseigné dans cet établissement.

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