Meknes

La quatrième des villes impériales,
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marchand d’Olives à Meknes

...perchée sur une colline et bordant les rives de l’oued bou Fekrane, est également la moins célèbre. En fait, on peut dire que deux Meknès coexistent, et sont bien distinctes géographiquement. D’un côté une classique ville marocaine de province, assez prospère puisque vivant d’abondantes récoltes de céréales, d’olives et de vin. Elle est animée dans la médina et les souks marocains comme le sont toutes les villes de cette dimension (300 000 habitants). Mais la ville de Meknès présente également un autre visage, par son histoire intimement liée à celle d’un seul homme, Moulay Ismaïl, sultan alaouite mégalomane qui inventa un destin pour la ville. Effectivement, Moulay Ismâil choisit Meknès aux dépens de Fès, comme Louis XIV avait choisi Versailles en délaissant Paris, et entreprit, durant cinquante-cinq années comprises entre 1672 et 1727, d’en faire un site aussi impressionnant que le château de ce Roi-Soleil qui l’impressionnait fort. De cette gloire éphémère et bien vite oubliée, la ville conserve des réalisations pharaoniques. Mais ces dernières ont malheureusement été endommagées par le temps, le tremblement de terre de 1755 et les pillages de ceux qui voulaient bâtir ailleurs, si bien que le palais royal présente aujourd’hui des airs de ville fantôme. Il faut cependant visiter les greniers à blé et les écuries du roi, dont on raconte qu’elles pouvaient abriter une cavalerie de 12 000 chevaux. Il faut voir les vingt-cinq kilomètres d’impressionnantes murailles ornées de magnifiques portes, et rendre hommage à Moulay Ismâil dont le mausolée est le seul accessible aux non-musulmans avec celui de Mohammed V. La prépondérance de la voisine Fès, distante de 56 km, a fait que les cars déversent sur Meknès leurs flots de touriste en début de journée, pour repartir le soir. Cela contribue à donner à Meknès une image de ville-musée à la beauté froide, plutôt que celle d’un endroit où il fait bon demeurer pour goûter à une ambiance particulière.
BAB BERDAINE Donne une impression de porte d’entrée de château fort médiéval, avec ses tours crénelées. C’est une des portes dont la construction fut ordonnée par Moulay Ismaïl, et elle reste impressionnante, malgré le temps et la pollution qui commence à la noircir.
KOUBBA DE SIDI-AISSA Après Bab Berdaine, la route longe le plus ancien cimetière musulman de la ville, dans lequel on aperçoit un bâtiment blanc au toit pyramidal de tuiles vertes : c’est la Koubba de Sidi-Aissa, qui vécut sous le règne de Moulay Ismâil et fonda l’ordre des Aissaoua. On raconte que ce saint homme accomplissait des miracles à Meknès (transformant des feuilles d’arbre en or), et qu’il était déjà vénéré de son vivant. Les Aissaoua tiennent leur mouloud chaque année à Meknès. Entrée interdite. Continuer sur la route, puis tourner à gauche en vue de la porte monumentale de Bab el-Khemis.
BAB EL-KHEMIS Cette porte marquait l’entrée du mellah juif au XVlle siècle. Elle est moins belle que les autres du fait de l’enduit qui la recouvre et des trous qui marquent généralement l’emplacement des échafaudages, et qui sont particulièrement irréguliers.
BASSIN DE L’AGUEDAL Après avoir franchi Bab el-Khemis, continuer tout droit jusqu’à une route aux deux chaussées séparées. La prendre sur la droite pour longer les murailles, puis tourner à gauche lorsque les murailles s’arrêtent On parvient au niveau du bassin de l’Aguedal. C’est un bassin de 4 hectares, construit sur l’ordre de Moulay Ismâil pour irriguer les jardins des sultanes et permettre aux femmes de son harem (on dit que leur nombre approchait 500) de se distraire. Ce bassin servait également de réserve d’eau en temps de guerre ou de sécheresse. En face s’élèvent les greniers de Moulay Ismâil. Ressortir et longer les murailles pour y parvenir.
ECURIES DE MOULAY ISMAÏL ET DAR EL-MA Le grenier, resté en parfait état et magnifiquement éclairé, donne une réelle idée de la splendeur de Moulay Ismâil. L’éclairage, le vide, l’immensité et la température froide, tout concourt à la majesté des lieux. Les écuries elles-mêmes sont très abîmées, et il faut beaucoup d’imagination pour se figurer leur grandeur passée. Mais de quelque endroit où l’on se place, les perspectives procurées par l’alignement des piliers sont incroyables. Le plus beau spectacle de Meknès.
DAR EL-MA Ouvert tous les jours de 9h à 12h, et de 15h à 18h. C’est le nom donné au monument où le sultan entreposait les vivres destinés à nourrir les 12 000 chevaux de son écurie. Les murs de quatre mètres d’épaisseur comportent vingt silos, dont on peut remarquer qu’ils ne comportaient pas d’ouvertures vers l’extérieur pour ne pas faire pourrir le blé (les orifices des plafonds ont été ajoutés ultérieurement). La superbe porte aux dimensions majestueuses que vous ne manquerez pas d’admirer à l’intérieur provient d’un palais saadien détruit par Moulay Ismâil. On dit que le sultan conserva cette porte pour ses motifs, des soleils, qui témoignaient de l’admiration du Marocain pour Louis XIV. Le soleil est ainsi devenu l’emblème des Alaouites, toujours au pouvoir au Maroc aujourd’hui (le roi Hassan Il étaitAlaouite). Dar et-Ma signifie « la maison de l’eau *, et l’on peut voir encore les dix norias profondes de quarante mètres, d’où on faisait remonter l’eau.
MAUSOLEE DE MOULAY ISMAÏL Ouvert tous les jours, sauf le vendredi, de 9h à 12h, et de 15h à 18h. Suivre la route qui longe le palais royal, et vous emmène sur votre gauche, au mausolée de Moulay Ismaïl. Le lieu où se trouve le mausolée faisait partie de l’ancien palais de justice, construit en 1700, dans lequel se tenait une mosquée. Le sultan Mohammed V a autorisé les non-musulmans à visiter le sanctuaire, et la mosquée est ouverte à tout le monde, tous les jours, sauf le vendredi matin. L’ensemble a été restauré en 1957. Au fond de la salle, un poème de Mohammed V à la mémoire de Moulay Ismaïl, avec un arbre généalogique de la dynastie alaouite. Ce monument procure une impression de calme et de sérénité qui se marie fort bien avec l’image donnée par Meknès.
PRISON DES CHRETIENS Visite de 9h à 12h, et de 15h à 18h. En continuant après le mausolée, on débouche sur une place, avec un champ clos par des grilles de fer forgé. Aujourd’hui, la majeure partie ayant été détruite par le tremblement de terre de 1755, on visite seulement trois grandes salles de 80 m de long, et 25 m de large, éclairées par des ouvertures pratiquées en 1968. La légende veut que les prisonniers, dont la mission était de transporter les blocs de marbre de Volubilis à Meknès, aient abandonné leur ouvrage à l’annonce de la mort de Moulay Ismâil. Cela expliquerait la présence de blocs de marbre qui jonchent la route menant à Volubilis. Le grand bâtiment à auvent de bois sur la gauche permettait à Moulay Ismâil de procéder aux échanges de prisonniers avec les ambassadeurs des différents pays.
BAB MANSOUR Le véritable nom de cette porte est Bab Mansour el-Aleuj, ce qui signifie littéralement « la porte du renégat victorieux ». L’architecte de ce qui devait parachever l’ceuvre de Moulay Ismâil était en effet un chrétien converti à l’islam. Cette porte est à juste titre considérée comme l’une des plus belles du Maroc, et ne fut achevée qu’après la mort du sultan, en 1732, par son fils Moulay Abdellah. Médina La place El-Hédime et la porte Bab Mansour marquent la séparation entre la cité impériale et la médina. La médina de Meknès n’est pas aussi belle et étendue que celle de Fès mais elle mérite une visite. Les principaux centres d’intérêt, outre les différents souks, en sont le palais Dar Jamai, et le musée qu’il abrite, ainsi que la medersa bou Inania.
MEDERSA BOU INANIA Dans la rue Zaouia Nasseria, qui devient la rue Souika. Ouverte de 9h à 12h, et de 15h à 18h. Comme la plupart des medersas du Maroc, celle-ci fut construite sous la dynastie des Mérinides, achevée en 1358 par le sultan Abou Inan, qui lui laissa son nom (une medersa porte également son nom à Fès). Sa cour intérieure, des plus classiques, est peut-être l’une des mieux conservées au Maroc, protégée des oiseaux par un fin grillage. Un sol de faïence, avec des carreaux verts, noirs et blancs, qui entourent le bassin central en forme de coquillage, permettant à ceux qui se déplaçaient pied nu de se laver. Au premier étage, on trouve un escalier qui mène sur la terrasse, et permet d’admirer le superbe 51 minaret aux fâiences vertes, surmonté de trois boules de cuivre.
DAR JAMAI ET LE MUSÉE RÉGIONAL D’ETHNOGRAPHIE L’entrée s’effectue sur la place ElHédime. Ouvert tous les jours de 9h à 12h, et de 15h à 18h30. Ce palais date du XIXe siècle, à la grande époque de la famille Jamai, lorsque le grand vizir Jamai officiait à la cour de Moulay Hassan. La visite permet donc à la fois d’admirer l’architecture du palais et de ses jardins andalous, ainsi que les intéressantes présentations de l’artisanat du moyen Atlas. Céramiques de Fès, bijoux en argent, tissage et ébénisterie rythment les salles, et alternent avec une reconstitution des appartements du vizir, dont la salle de réception et son magnifique plafond.
MOULAY IDRISS Ville sainte entre toutes au Maroc, Moulay Idriss tire son nom de son fondateur, Idriss I, qui y vécut un an avant de fonder Fès. Fuyant le pouvoir abbasside et installé à Oualili, cet arrière-petit-fils du Prophète et de Fatima voulut « Soumettre à l’islam tout ce qui reste dans le Maghreb de Berbères, chrétiens, de juifs ou d’idolâtres » (Ibn Agizar, Le jardin des feuillets). Il y réussit dans une certaine mesure, puis fut empoisonné sur ordre du calife abbasside de Bagdad Haroun el-Rashid en 791. Depuis, il est vénéré comme le plus grand saint du Maroc, et son prestige rejaillit sur la ville qui porte son nom et a l’honneur d’accueillir son tombeau. En août, se déroule à Moulay Idriss le plus important moussem du pays, qui attire des milliers de pèlerins. Le village en lui-même est bâti sur un site superbe, à cheval entre deux pics rocheux qui se font face (le Khiber et le Tasga) et séparent presque Moulay Idriss en deux entités distinctes. La vision de ces maisons blanches, resserrées comme les mailles d’un tapis et accrochées à flanc de montagne, est saisissante. A part cette situation géographique, la ville abrite bien sûr le tombeau du saint homme ; on y trouve aussi le seul minaret cylindrique du Maroc, curiosité moderne dans un site traditionnel s’il en est. Le statut de ville sainte y fait régner une atmosphère étrange : peu de gens travaillent, et l’on vous presse volontiers d’accepter un guide, en n’hésitant pas à vous rappeler que vous êtes dans un lieu sacré et devez le respecter. impossible de passer la nuit sur place. Les non-musulmans n’ayant pas accès au tombeau, la ville ne vaut finalement que par son site.
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