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Histoire

Le Maroc était autrefois le bout du monde. Pour les Grecs de l Antiquité, le détroit de Gibraltar point de passage de l’Occident à l’Orient, représentait l’extrémité du monde connu c’étaient les colonnes d’Hercule. Les Arabes originaires du Moyen-Orient ne désigneront pas le pays autrement lorsqu’ils envahiront les plaines marocaines au Vie siècle après Jésus-Christ : al-Bilai al-Maghreb, « le pays de l’extreme-Occident ».

Antiquité


Au Xe siècle avant J.-C, les navigateurs phéniciens établissent des comptoirs marchands sur la côte méditerranéenne du Maroc, colonisés par les Carthaginois deux siècles plus tard. Vers 500 avant J.-C., alors que les Carthaginois se rendent maîtres du littoral méditerranéen (créant ainsi la plus ancienne ville du Maroc, Melilla) et conquièrent peu à peu la côte atlantique, les nomades éthiopiens font leur apparition par le Sud et s’installent au caeur du pays dans des habitations troglodytiques. Puis vinrent les Atlantes, au centre de l’Atlas, dont l’origine, aujourd’hui encore entourée d’un halo de mystère, donna son nom à l’océan Atlantique. Jusqu’à la chute de Carthage (en 146 avant J.-C.), Ethiopiens, Atlantes, Berbères et Carthaginois vont coexister plus ou moins pacifiquement. Lorsque les Romains abattent l’Empire carthaginois, commence la conquête du Maroc par les empereurs romains. Ceux-ci font du Maroc un royaume divisé en deux provinces : la Maurétanie Césarienne, à l’est (capitale Cherchell) et la Maurétanie Tingitane, à l’ouest et au nord (dont la capitale est Tanger).

Conquête arabe


En 682, 60 ans seulement après l’hégire, le début de l’ère musulmane, le chef arabe Sidi-Oqba ben Nafi (déjà fondateur de Kairouan, la ville sainte de Tunisie) entreprend une série de raids au Maroc. Venus des contrées de l’actuelle Arabie Saoudite et de l’Irak, les conquérants arabes répandent la parole du prophète Mahomet, islamisant les populations sur leur passage. La résistance berbère durera jusqu’en 705 ! Soumis, les Berbères obtiennent cependant la création de royaumes indépendants placés sous la protection des chefs arabes. C’est donc une expédition arabo-berbère, conduite par SidiMoussa ben Nosâir, qui mène la première vague de conquêtes de l’Espagne à partir du Maroc. En 711, une seconde série de raids s’abat sur l’Espagne lors du débarquement du chef berbère Tariq ibn Ziyad. Ce dernier sera à l’origine du nom du célèbre rocher de Gibraltar : djebel Tarik, du nom du conquérant, deviendra peu à peu « djebel Tar », puis « Gibraltar ».

Dynastie Ibrisside (788-1055)


Au milieu du Ville siècle, les Arabes possèdent un empire immense, s’étendant de la Mésopotamie (Irak) à l’Atlantique. Mais les premières dissensions ne tardent pas à apparaître au sein des territoires conquis et le Maroc se morcelle bientôt en de nombreux royaumes aux doctrines religieuses parfois différentes. En 788, un descendant du Prophète, Idris ibn Abdallah, échappe à une tentative d’assassinat à Bagdad et trouve refuge à l’autre bout de l’empire, c’est-à-dire au Maroc. Etabli à Volubilis, Idris se fait reconnaître comme imam (chef religieux) par les Berbères Aouraba et entreprend une réconciliation des tribus arabes et berbères du moyen Atlas. Pourchassé par les tueurs du calife de Bagdad, Idris sera empoisonné en 793, avant d’avoir mené à terme son projet. A la mort d’Idris II, en 825, la dynastie Idrisside sombre dans les querelles et les rivalités familiales entre les Omeyades de Cordoue et les Fatimides d’Egypte, sans oublier bien sûr les chefs de tribus berbères peu disposés à subir le joug Idrisside...

Dynastie Almoravide (1055-1144)


La particularité de la future dynastie Almoravide est que, pour la première fois dans l’histoire de la région, des Berbères dirigent eux-mêmes un royaume autonome, et ce indépendamment du Proche-Orient. En 1062, une tribu berbère de chameliers voilés, les Lemtoune, tribu Sanhaja, venue des monastères du désert de l’actuelle Mauritanie, s’empare des précieuses cargaisons en route pour le Maroc. Ils ont été convertis à l’islam au IX, siècle. Leur nom leur vient de leur chef spirituel Abou Imran, installé dans un monastèreforteresse, un ribat, dans lequel il enseignait une lecture rigoriste du Coran. Ses disciples furent donc nommés les Morabitour. Menés par l’Almoravide Abou Bekr, ces moinessoldats remontentjusqu’à Fès après avoir soumis le Drâ, le Tafilalet et le Sous. En 1070, Abou Bekr installe son campement principal dans la plaine du Haouz, à proximité de la butte rocheuse du Guéliz, au carrefour des routes de l’Atlas et des pistes caravanières du désert. Rappelé dans le Sud pour mater une révolte, Abou Bekr confie les rênes de son nouveau territoire à son cousin, Yüsuf ibn Tashfine. Nommé « commandeur des croyants , Youssef dote Marrakech de ses remparts et en fait une cité fortifiée, redoutée sur tout le territoire marocain. De son repaire, il se lance à la conquête du Nord du Maroc, puis du Sud de l’Espagne (eh oui, l’adversaire du Cid de Corneille, c’était lui...). A sa mort, en 1106, Marrakech est devenue la capitale d’un royaume pacifié et immensément riche, s’étendant de la Castille au Tafilalet.

Dynastie Almohade (1147-1269)


Comme les Almoravides ont suivi Abou Imran, les Almohades seront des disciples de Ibn Toumert, qui a étudié le Coran au ProcheOrient. Il y rencontre Abd el-Moumen, né dans la région de Tlemcen (Algérie), qui sera son successeur. Sa lecture du Coran est nouvelle par sa grande austérité et l’affirmation de l’unicité de Dieu. Convaincu d’être un mahdi, un envoyé de Dieu, Ibn Toumert prêche une réforme religieuse radicale : l’unité de Dieu (AI-Mohad). A sa mort, son disciple, Abd elMoumen, devient son successeur. Ce dernier s’empare de Marrakech en 1147, mettant un terme à la dynastie almoravide, puis entreprend la reconquête du Maroc, de l’Algérie et de l’Espagne au nom d’une profonde réforme des maeurs. A Marrakech, les Almoravides sont massacrés et leurs édifices détruits. Abd el-Moumen assure à Marrakech sa gloire dans le monde musulman par la construction de la Koutoubia. C’est Abou Yacoub el-Mansour qui agrandira le royaume, battant à plates coutures et à plusieurs reprises les troupes espagnoles et portugaises. On doit à ce grand bâtisseur une douzaine de palais dans la nouvelle casbah, la mosquée dite des Almohades. Alors que la dynastie almoravide avait connu deux souverains au règne très long, ce son dix souverains qui se succèdent en 70 ans de règne almohade. Ces grands bâtisseurs ont laissé au Maroc ses plus célèbres murailles, dont celles de Rabat, Fès et Marrakech, et des monuments comme la Koutoubia de Marrakech ou la tour Hassan de Rabat. Sous le règne de Mohammed en Nasir, commence le déclin de la dynastie almohade.

Dynastie Mérinide (1269-1529)


Les Mérinides, du nom de la tribu berbère des Beni Mérin de l’est marocain, luttent longtemps avant de prendre le pouvoir. Partis, en 1214, de la région comprise entre Oujda et FIguigAs soumettent une bonne partie du Ru Mais leurs conquêtes s’arrêtent là, et les Almohades leur infligent même un sévère revers en 1244, en tuant leur chef, Mohammed In Abd el-Hacq. Meknès est prise en 1245, puis bu, Fès et Rabat en 1248, ce qui leur donne la haute main sur quasiment tout le nord du pays. En 1269, le chef des Berbères mérinides, Abou Youssef Yacoub, rejetant comme ses prédécesseurs l’influence religieuse des Almohades, s’empare de Marrakech qu’il délaisse rapidement au profit de Fès : Abou Youssef Yacoub construit Fès el-Jdid (la nouvelle). Les successeurs du premier sultan mérinide, Abou Yacoub, puis Abou Hassan, abandonnent, eux aussi, Marrakech pour porter l’hégémonie de la dynastie mérinide vers Fès et Meknès. Le règne mérinide correspond à un extraordinaire foisonnement intellectuel et artistique. En 1349, Abou InanIls du sultan et d’une esclave chrétienne convertie à l’islam, tente de redonner au pays son unité perdue à cause d’innombrables querelles intestines. En vain. H meurt sans héritier, ouvrant une ère de régence assurée par la tribu des Béni Ouattas. Le royaume se morcelle, les incursions portugaises se font plus nombreuses et, dès le début du XVIe siècle, le Portugal multiplie ses comptoirs sur le littoral atlantique.

Dynastie Saadienne (1529-1654)


Les Saadiens, originaires d’Arabie Saoudite et descendants du Prophète, s’établissent d’abord dans la vallée du Drâ. Refusant la lente agonie de la dynastie mérinide et l’affaiblissement de l’islam, le Saadien Mohammed ech Cheikh déclenche la guerre sainte, reprend Marrakech (1529), chasse les Portugais d’Agadir et de Safi tout 1 faisant face au danger que représente l’expansionnisme des Turcs, boutés hors de Fès à deux reprises, en 1554 et en 1558. Marrakech redevint alors, sous l’influence du sultan Moulay Abdallah, la capitale incontestée du Maroc nouvellement (et provisoirement) réunifié. Les mosquées et medersas se multiplient sur tout le territoire tandis que, de Marrakech, la medersa Ben Youssef répand sa renommée sur tout le Maghreb. Le faste saadien atteint son apogée avec Ahmed el-Mansour, surnommé aussi Ahmed le Doré. En 1578, lorsque ce dernier revient triomphalement de la bataille des Trois Rois (où périrent le roi du Portugal et son allié marocain), il entreprend la construction de ce qui sera le plus beau des palais : et-MS (l’Incomparable) ainsi que des tombeaux saadiens, remarquables ouvrages d’art destinés à recueillir les augustes dépouilles des souverains de la dynastie victorieuse. Mohammed XII, le dernier des rois saadiens, se montrera sans doute un peu trop favorable à l’influence occidentale. Toujours est-il qu’en 1654, sa politique d’ouverture à l’égard de l’Europe provoquera le retour d’une vague islamiste fondamentaliste.

Dynastie Alaouite (depuis 1654)


Les Alaouites sont des descendants du Prophète qui s’installent dans le Tafilalet en 1266, avec l’arrivée du premier d’entre eux, Hassan Addakhil. Ils y bénéficient de l’aura due à leur rang, et au XVlle siècle, Moulay Ali Chérif prend la tête de la contestation au pouvoir saadien. Les Alaouites, comme une grande partie de la population, sont excédés par l’influence chrétienne en terre marocaine ainsi que par l’anarchie générale. C’est Moulay Rachid, le fils de Moulay Ali Chérif, qui se rend maître du Rif en 1664, et est proclamé sultan en 1666, après la prise de Fès. Il devra cependant encore patienter deux ans pour mater les rebelles de Marrakech. Moulay Rachid prône le retour à un islam ferme, austère et pauvre. Son premier geste fut d’effacer les traces du luxe de la dynastie précédente : le palais et-Badü, pourtant inachevé, fut démantelé et les tombeaux saadiens (qu’il n’osa tout de même pas renvoyer à l’état de poussière) furent emmurés derrière la mosquée de la casbah. C’est Fès qui est alors, pour peu de temps, choisie comme capitale. Moulay Ismaïl, le frère du premier, lui succède dès 1672. On considère qu’il est le véritable fondateur de la dynastie alaouite. Il abandonna Fès pour Meknès, qu’il consolida et développa, faisant de cette modeste cité une ville impériale. Moulay Ismail étendit l’empire chérifien jusqu’au Sénégal et entreprit de redonner au pays sa ferveur d’autrefois. La répression fut telle qu’il ne tarda pas à se voir affublé du doux surnom de « l’Assoiffé de sang » ! Son règne, long de 55 ans, permis cependant au Maroc de retrouver l’unité de ses heures les plus glorieuses, et de faire de Meknès une capitale dotée de monuments gigantesques qu’on a pu (exagérément) comparer à Versailles. II faut attendre l’arrivée au pouvoir de Moulay Abderrhaman, en 1822, pour que les tribus locales retrouvent leur puissance et leur autorité. Mais Abderrhaman s’attire les foudres de la France en soutenant l’émir d’Alger Abdelkader dans sa lutte contre les colons français : une intervention musclée de l’armée française commandée par le général Bugeaud écrase les troupes marocaines à la bataille de l’Isly en 1844. A tel point qu’après Meknès, c’est Tanger qui devient résidence royale sous le règne de SidiMohamed ben Abderrhaman (1859-1873) ! Le Maroc, affaibli, devient alors une proie tentante pour les pays européens, avides d’expansion coloniale. Les Espagnols prennent Tétouan en 1860. Sous la pression internationale, un décret de 1864 permet aux étrangers de commercer au Maroc, et c’est d’un pays sous influence qu’hérite le sultan Moulay Abdelhaziz en 1884. Mal géré, le royaume croule sous les dettes, qui atteignent 200 millions de francs en 1908. C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles le sultan accepte de signer le traité d’Algésiras en 1906. Cette conférence est l’occasion pour les puissances européennes de régler leurs différents colonialistes. La voie est laissée libre à l’Allemagne au Congo, à l’Angleterre en Egypte, ce qui permet à la France et à Espagne de se partager le Maroc. Insatisfait de cet accord qui maintenait sur le trône de Marrakech un sultan sans pouvoir et livrait le pays aux Français, le chef saharien El-Hiba engage la résistance. En 1907, la situation tourne au chaos après une série d’émeutes et d’attentats anti-français à Casablanca. Des ouvriers français sont tués sur le port, ce qui donne un prétexte à l’armée française, dirigée par le général Mangin, pour occuper les principales villes marocaines, tandis qu’en 1909 l’Espagne se lance dans une guerre sans merci dans le Rif. La même année, le frère de Moulay Abdel-Aziz, Moulay Hafid, opposé à l’attitude passive du sultan, le destitue avec le soutien du Glaoui de Marrakech. Quelque temps plus tard, en 1912, après avoir appelé à la rescousse l’armée française pour mater la rébellion des tribus berbères qui encerclent Fès, Moulay Hafid est contraint de signer une convention sur le traité de protectorat avec la France avant d’être remplacé par son autre frère, Moulay Youssef. Le Maroc n’estalors plus un pays indépendant.

Protectorat français


Il permit de doter le pays d’une infrastructure économique moderne et solide qui facilita un développement sans précédent au Maghreb. Dès 1927, Sidi-Muhammad ibn Yüsuf, futur roi sous le nom de Mohammed V, reprend le flambeau de la révolte. Après l’intermède de la Deuxième Guerre mondiale et le débarquement des troupes alliées sur les côtes marocaines dans la baie d’Anfa, à Casablanca, Mohammed V rejoint le parti nationaliste de l’Istiglal (l’Indépendance) et publie, en 1944, le Manifeste de l’Indépendance, ce qui lui vaut un exil à Madagascar, de 1953 à 1955, grâce au (perfide) ralliement du Glaoui de Marrakech aux intérêts français. Devant la pression nationaliste et les sanglants événements d’Algérie et d’Indochine, les autorités françaises accordent finalement au Maroc son indépendance, solennellement proclamée par Sidi-Muhammad (devenu Mohammed V) le 2 mars 1956. Mohammed V meurt en 1961, non sans avoir prévu pour le Maroc une nouvelle Constitution que son fils, Hassan II, promulguera en décembre 1962, après son acceptation par référendum à une large majorité.
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la mosquée hassan II à Casablanca

Le règne de Hassan II


Depuis son intronisation, Hassan Il a veillé à doter le royaume d’institutions démocratiques représentatives au niveau national, régional et local. Il n’a cessé d’muvrer pour l’unification du royaume et la consolidation de son indépendance et de son intégrité territoriale : libération de la province de Tarfaya (1958) et de la province de Sidi-lfni (1969). En octobre 1975, il organisa la Marche verte qui a permis la libération et le retour au Maroc de Sakiet AI-Hamra et de Oued Addahab (ex-Sahara espagnol). Le roi s’est voulu l’un des piliers de la paix dans le monde. Grâce à son action, le Maroc a pu jouer un rôle dynamique au sein des principales instances internationales et régionales.

Mohammed VI (depuis 1999) Commandeur des croyants


(JPG) A 36 ans, Mohammed VI est monté sur le trône chérifien à la mort de son père Hassan II, le 23 juillet 1999. Chef suprême des armées et Amir al-mouminine (Commandeur des croyants) en sa qualité de descendant direct du Prophète, Mohammed VI tient une place centrale dans la politique et la vie publique marocaines. Il semble que le nouveau souverain soit réellement résolu à moderniser la vie politique marocaine. En mars 2002, il se marie entre Mohammed VI et Salma Bennani, belle roturière de 24 ans. Les festivités durent trois jours à Rabat, du 12 au 14 juillet 2002. Quelque 1 500 invités venus du monde entier y participent. En septembre 2002, les élections législatives confirment la poussée des islamistes légalisés du P.J.D. (Parti de la Justice et du Développement). Ces derniers progressent de 14 à une trentaine de députés sur les 325 que comporte l’Assemblée. Le 16 mai 2003, Casablanca est secouée par une série d’attentats qui font 45 morts. Quelques mois plus tard les procès, qui rassemblent plusieurs centaines de prévenus, livreront des verdicts sans complaisance, condamnation à mort et réclusion à perpétuité pour les meneurs.





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