Géographie
Commençant à une dizaine de kilomètres de l’Europe, de l’autre côté du détroit de Gibraltar, le Maroc s’étend, sur plus de 700 000 km2, jusqu’aux confins du désert saharien. Il possède une double façade maritime avec ses 2 900 kilomètres donnant sur l’Atlantique et ses 500 kilomètres baignés par la Méditerranée. Plus qu’il n’en faut pour parcourir des paysages aussi magnifiques que variés : montagnes, bien sûr, avec les chaînes du Rif et de l’Atlas, mais aussi forêts, steppes, alpages, canyons, cascades, plages, crêtes et déserts. Le Maroc est un pays de contrastes, le plus privilégié des pays du Maghreb.
Des oasis et des palmeraies du grand sud aux forêts impénétrables du moyen Atlas, la géographie marocaine offre de multiples facettes qui font de ce pays un véritable paradis. C’est d’ailleurs là que les Grecs de l’Antiquité situaient le jardin des Hespérides (où Hercule accomplit le onzième de ses douze travaux qui consistait à cueillir les pommes d’or de ce fameux jardin situé sur le mont Atlas).
Montagnes
Le Maroc océanique est largement ouvert vers l’ouest. Les avancées du plateau central le séparent en bassins et plaines littorales successives : le Gharb où coule l’oued Sebou, le Doukkala avec l’oued Oum-er-R’bia, le Haouz et l’oued Tensift, le Sous avec l’oued Sous. L’important réseau hydrographique est en effet tourné vers l’Atlantique, à l’exception de la Moulouya qui se jette dans la Méditerranée. Tous ces oueds descendent de montagnes jeunes qui dessinent une longue dorsale de hautes terres flanquées de part et d’autre de plaines et plateaux. Ce relief montagneux comprend le Rif (djebel Tidighine, 2 488 mètres) au nord, suivi par le moyen Atlas, le haut Atlas (djebel Toubkal, 4 165 mètres, point culminant du Maghreb), l’anti-Atlas limité au sud par l’oued Draa. Haut Atlas et Rif encadrent une région tabulaire de hauts plateaux, la Meseta, au-dessus de la vallée de la Moulouya, puis le massif central marocain avec ses roches anciennes. Au-delà commence le Sahara occidental, vaste désert rocailleux dont l’altitude est le plus souvent inférieure à 200 mètres. Les montagnes sont peuplées en grande partie par les Berbères, les Noirs harratines constituant une minorité (ils s’y sont réfugiés il y a 2 000 ans, lorsque le processus de désertification du pays a commencé à se manifester). 100 000 mz du relief marocain dépassent 2 000 m d’altitude. L’Atlas constitue la principale chaîne de montagnes du Maroc, qui s’étend du Nord au Sud, formant une véritable frontière naturelle entre le climat tempéré des plaines de l’Atlantique à l’Ouest (de Tanger à Agadir) et le climat désertique de l’Est et du Sud. La chaîne, longue de 700 km, culmine par dix fois au-delà de 4 000 m. Parcourir l’Atlas est une expérience forte. On y est pratiquement seul étranger, loin de toute civilisation moderne, au caeur de paysages somptueux. Et le contact avec les hommes et les femmes montagnards, au mode de vie ancestral, parfaitement adapté à leurs montagnes, n’est pas le moindre des attraits que nous réserve la région de l’Atlas.
Le Haut Atlas
Il s’étend du lac de Bin el-Ouidane, sur l’oued Turquoise (à l’ouest), à Midelt (plus haut, à l’est). Il présente une succession de vallées et de cols, dominés par les crêtes serties de neiges éternelles qui abritent de magnifiques ksours à l’accès souvent difficile. C’est là probablement la partie la plus sauvage du Maroc, à l’exception des déserts sahariens. Point culminant du Haut Atlas, le djebel Toubkal est aussi le plus haut sommet d’Afrique du Nord 4 167 m, à arpenter à travers les citronniers, les genévriers et les cyprès de l’Atlas, à quelques kilomètres seulement de Marrakech. A l’est de Marrakech s’étend la chaîne du M’Goun, culminant à 4 000 m et présentant des combes profondes et des gorges étroites. Puis, plus au sud encore ainsi qu’à l’est, les montagnes cèdent de l’altitude : c’est le djebel Sarhro, puis le djebel Bani, qui annoncent les régions désertiques de l’Hamada du Drâ. Le Rif culmine à 2 458 m d’altitude au nord, surplombant les côtes méditerranéennes. Les nombreuses pluies qui s’abattent tout au long de l’année sur la région ont favorisé le développement d’une nature verdoyante jusqu’au bassin de Sebou, principale voie de communication entre le Maroc du Nord et celui du Sud.
Le Moyen Atlas
Il commence au nord du pays, peu après le Rif, et présente une végétation éclectique, allant de la forêt profonde aux plateaux de causse dénudés et érodés par les vents. Une succession de décors et de reliefs accidentés qui fait de cette région l’une des plus agréables du Maroc. Ces forêts sont habitées par une faune impressionnante, dont quelques panthères qui y trouvent encore refuge. Peu avant Khenifra, la forêt, devenue plus profonde, abrite de nombreux singes (des magots, sortes de macaques espiègles et brailleurs) regroupés près des innombrables cours d’eau. A l’est, le cirque de Jaffar et ses pinèdes offrent aux visiteurs une végétation luxuriante, parsemée de nombreuses petites cascades. Sur son versant est, le Moyen Atlas présente un paysage volcanique lunaire, des plateaux du Rekkam à Midelt. Le Moyen Atlas culmine à 3 350 m (djebel Bou-Naceur).
L’Anti-Atlas
Il prolonge le Haut Altas au Sud. Sa chaîne aride et désertique débute peu après le volcan fossile du Siroua et forme un arc de cercle jusqu’à la côte Atlantique, vers l’embouchure de l’oued Drâ. Sur les contreforts de l’Anti-Atlas et du Haut Atlas, poussent de nombreux arganiers, arbres dont l’apparence rappelle celle de l’olivier et dont on extrait une huile (l’huile de noix d’arganier, tout simplement) orangée et parfumée. Le Sirwa Ancien volcan encore très haut et très étendu, situé au sud du Toubkal et à l’est de l’Anti-Atlas. Le massif culmine à 3 305 m. Il arrive que la neige fasse quelques apparitions sur les plus hauts cols et sommets. Le Sarhro C’est le plus saharien des massifs montagneux marocains. II se trouve au sud-est du HautAtlas central. Les 2 712 m du point culminant, l’Amalou n’Mensour, sont visibles d’assez loin, mais il est impossible de soupçonner combien ces reliefs mystérieux réservent de surprises. Terre sacrée des légendaires Ait Atta, le massif du Sarhro n’est habitable que de septembre à mai. A la saison sèche, cet univers minéral devient un paradis pour scorpions et serpents et un enfer pour l’homme. C’est aussi le moment de la grande transhumance d’été des Ait Atta.
Plaines A l’intérieur du pays, entre l’Atlas et l’océan Atlantique, s’étendent de vastes plaines fertiles. Le Gharb, au nord, entre Larache et Kenitra, la Chaouïa et le pays Zaer Zâiane, entre Casablanca et Khenifra, le Sous, d’Agadir à Taroudant, et le Haouz, dont Marrakech est la capitale. Littoral Le littoral méditerranéen est caractérisé par de nombreuses anfractuosités et grottes dominées par d’impressionnantes falaises. A ne pas manquer, près du cap Spartel, les fameuses grottes d’Hercule que la mer inonde à marée haute. La côte Atlantique, plus sauvage, est composée de falaises de grès, cisaillées par les embruns et interrompues par de grandes plages de sable blanc.
Désert Le désert est peut-être la partie la plus fascinante du Maroc. Toutes les variétés désertiques y sont représentées. La steppe, pour commencer, s’étend à perte de vue dès les plateaux du haut Atlas et offre de multiples visages : revêtue d’alfa, petite herbe en touffe, de jujubier épineux près des montagnes, de fleurs dans l’Anti-Atlas, d’armoise blanche dans les zones arides. On y rencontre surtout des insectes, quelques lézards et de nombreux rongeurs. C’est aussi le territoire de chasse des rares chacals rescapés des massacres et des braconnages. Les étendues désertiques se poursuivent plus au sud et à l’est avec les regs, vastes étendues de graviers et de petits cailloux balayées par les vents, et les hamadas, zones arides composées de rochers et de pierres érodées par les vents sahariens. Enfin, l’erg s’impose à partir de Zagora ; ce n’est plus alors qu’une succession de dunes. Que serait un désert sans oasis ? Au Maroc, elles sont très nombreuses dans toutes les régions désertiques. A l’origine, l’oasis est une formation végétale spontanée, blottie au creux d’un oued. La plupart des villages (douar) sont construits à l’extérieur des oasis, traditionnellement réservées aux cultures fruitières et potagères. La palmeraie est l’autre figure incontournable du désert marocain. Répartie tout au long de la nappe phréatique de l’oasis, la palmeraie suppose une irrigation constante, réalisée aujourd’hui grâce aux systèmes de khettaras, canaux souterrains permettant d’élargir le champ d’exploitation de la palmeraie. Ces systèmes d’irrigation, vieux de plusieurs siècles, sont à découvrir dans la plus célèbre des palmeraies marocaines : celle de Marrakech. C’est dans les palmeraies du Sud (celles de la vallée du Dadès et de la vallée du Drâ) que l’on produit les meilleures dattes. Le Maroc compte aujourd’hui encore près de 5 millions de palmiers.
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